Par Youcef MERAHI
Alors qu’il se trouvait à Paris, en mission, Ali Hammoutène écrit une lettre aux siens que je considère comme le testament d’un véritable pédagogue. Car l’exigence à son fils, Ahmed, avocat, aujourd’hui décédé, était «d’organiser le travail de ses petits frères », ceci pour dire le rôle de l’aîné dans une fratrie. Plus loin, il ajoute : « il faut occuper votre temps à étudier, exactement comme à l’Ecole ou au Lycée. Je contrôlerai tout cela à mon retour». Je précise que les majuscules sont de l’auteur, comme je voudrais préciser que, nonobstant la mission proprement dite, Ali Hammoutène, consciencieusement, ordonne à ses enfants de se mettre au diapason de ce qu’ils font à l’école. C’est dire l’intérêt porté par nos aînés aux études et à l’instruction.
Cette lettre, un testament disais-je, a été écrite le 2 mars 1962, à près d’une dizaine de jours avant le terrible assassinat du Château Royal dans lequel périrent, notamment, Mouloud Feraoun, Salah Ould Aoudia et leurs trois collègues européens. A Paris, Ali Hammoutène ne pensait pas à son salut. Non, il remplissait une mission afin de régler des problèmes concernant le fonctionnement des fameux centres sociaux. Mais il n’oubliait pas de pousser ses enfants à étudier, comme il a fait depuis 1939, année où il commença sa carrière d’enseignant dans un village des hauteurs altières de la Kabylie, Zoubga (Daïra d’Iferhounène).
Ali Hammoutène naît un 16 décembre 1917 à Tizi-Ouzou d’une famille traditionnelle. Orphelin de mère à deux ans, il fut élevé par ses grands-parents, d’autant que son père, Arezki, émigra en ce temps-là en France. Son parcours scolaire est pratiquement le même que celui de ceux de sa génération, sauf qu’il montra des dispositions particulières pour les études (…)
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