Alice Kaplan à travers son ouvrage « Baya ou le grand vernissage » (traduit de l’Américain Patrick Hersant, ed. barzakh) raconte la plasticienne Baya avec attachement et admiration. Lors de sa conférence, le 5 juin passé, au Centre d’études au Glycines, elle relate la fille de 15 ans et tout son vécu. Baya était l’étoile guidée par une étoile étincelante. L’essayiste la compare à Frida Kahlo, une autre célébrité du Mexique. « Le Sud est étoilé d’Artistes », appuie-t-elle : « Baya et Frida Kahlo ».
« Quand je referme le catalogue, les formes et les couleurs de Baya restent en moi et transforment ma vision du monde réel. Les pigeons qui nichent derrière la fenêtre de la salle de bains sont ses émissaires » (p.10).
Alice Kaplan raconte dans son essai sa rencontre la belle-fille de Baya, épouse du 3ème des 6 enfants de Baya. Toutes deux feront des balades ou pérégrinations des points de Baya, si précieux pour la chercheuse. « Je n’ai aucun droit de naissance, aucun lien national, ethnique, linguistique ou religieux avec Baya. En saurai-je jamais assez pour l’honorer ? » (p.15)
Par Marguerite Caminat, une intellectuelle libérale des années 40, Baya va émerger, mais Alice Kaplan va ressortir la tension entre ses préjugés et sa générosité : « grâce à l’histoire de Baya, je ne verrai plus jamais sous le même jour la France de l’après-guerre ». Le ton est donné en appuyant fièrement à l’assistance « être Américaine en Algérie, n’est pas pareil qu’être Française en Algérie. Les gens me parlent de Kennedy, ils n’oublient pas, vous savez ! »
En exhumant les détails et les nuances dans ses recherches, Alice Kaplan, découvre le génie de Baya, néanmoins quasi diminué chez l’indigène musulmane. A la galerie MAEGHT de Aimé Maeght, (1947) où baigne les « toiles de Braque, Matisse, Bonnard », les intellectuels tels que André Gide, Jean Amrouche, André Breton, Albert Camus (et sa promotion de L’étranger), François Mauriac…, découvrent la peinture de Baya.
Plus on avance dans la lecture de « Baya ou le grand vernissage » et plus on constate les tournures de phrases empreintes de poison à l’égard d’une petite indigène musulmane.
Cet ouvrage mine d’or sur Baya, tout autant que sur l’histoire des Français en Algérie et les Algériens colonisés, nous saisis à la poitrine. Comme quoi, la Culture par les Art et les Lettres est sœur siamoise de la politique. Voilà pourquoi dans des pays puissants la Culture est tout autant puissante et riche que la politique et vice versa.
S. Gaya
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