Par Christiane CHAULET-ACHOUR
Rien n’est plus délicat que de travailler sur l’œuvre de Mouloud Feraoun. Car l’exemplarité de cet intellectuel dans l’histoire récente de l’Algérie et son assassinat tragique irradient, à juste titre, sur le parcours de vie et d’écriture, faisant écran à une approche qui ne soit pas hagiographique ou qui soit soupçonnée d’établir une distance critique où l’objectivité recherchée fait écran à une empathie pour une œuvre et une vie.
Je voudrais donc tenter ce que j’avais initiée le 14 avril 1993 à la salle du centre des œuvres sociales de la wilaya de Tizi-Ouzou dans des journées d’étude consacrées à l’écrivain pour le 80ème anniversaire de sa naissance : retracer mon parcours de recherche pour en comprendre les enjeux et l’intérêt. Car il est remarquable que, parmi nos classiques, Feraoun soit l’écrivain le moins étudié dans des ouvrages d’une certaine ampleur. Ma première incursion dans l’œuvre de ce classique algérien fut celle de ma thèse d’état en 1982 et de son édition à l’ENAP en 1985, sous le titre, Abécédaires en devenir – Langue française et colonialisme en Algérie –.
Si elle comprend de nombreuses pages consacrées à Feraoun, elle ne lui est pas entièrement consacrée. Autour d’une trentaine d’œuvres de ce que l’on appelait alors « Les littératures du tiers monde », mon propos était de reconstituer un contexte, le contexte colonial, et ses effets d’abord sur l’apprentissage linguistique de la langue de l’autre et ensuite, sur la formation reçue qui s’imprimait durablement dans les pratiques d’écriture de ceux qui devenaient eux-mêmes les transmetteurs (…)
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