L’ivrEscQ : Parlez nous de votre premier roman ?
Dey Bendifallah : Le minaret ensanglanté est l’histoire de trois camarades d’université érigés en personnages principaux dans la narration du roman. Ces protagonistes se sont perdus durant et le destin les réunit à nouveau. L’époque est sombre bien évidemment, car il s’agit là de la décennie noire où l’Algérie était ensanglantée. Voilà à peu près autour de quoi tourne la trame du livre.
L.: Pourquoi l’envie de revenir sur cette dure période de notre pays ? Est-ce un besoin ?
D.B. : C’est une période phare de notre histoire y revenir là-dessus est pour moi à la fois une manière de rendre hommage à toutes les personnes qui ont péri en ces temps-là mais en même temps, un besoin de mémoire pour transmettre une vérité, malheureusement, amère de notre histoire.
L.: Quel a été le déclic pour entamer un tel travail ?
D.B. : Je pense beaucoup plus le sentiment de culpabilité lié à l’exil, le fait d’avoir été contraint de quitter l’Algérie, on ressent une douleur et un déchirement par rapport à tout l’amour que nous portons à notre pays, d’où le besoin d’écrire en permanence. Cela ressort d’ailleurs d’une manière très forte à travers ces trois amis personnages du roman.
L.: Pourquoi avez-vous intitulé votre premier roman Le minaret ensanglanté pourquoi se référer spécifiquement au minaret ? Est-ce par connotation religieuse à l’islam ?
D. B. : Oui j’avoue que le titre est très intense et directement lié au fond de l’histoire de ce livre, en lisant le titre de facto, le lecteur pourra deviner la thématique du roman.Ce titre vient par rapport justement à cette religion musulmane entachée de sang et à notre Algérie hélas bafouée par la barbarie, de ce contexte douloureux aussi opaque que dramatique
L.: Vous avez un style assez noir et acerbe, qu’avez-vous à dire par rapport à ce point, précisément ?
D.B. : Justement ce style acerbe, comme vous dites, a pour but d’exorciser les maux de la décennie noire, de rendre hommage à ce panel d’intellectuels qui ont payé de leur vie pour que l’Algérie soit libre aujourd’hui.Ce genre d’écriture est dans la fiction, un moyen de dépeindre, au mieux, les choix différents de ces trois amis, leurs séparations ainsi que de profondes déchirures qui les ont miné, tout le long du roman, et par conséquent, celles qui gisent jusqu’alors l’Algérie.
L.: Un message particulier pour le lectorat Algérien par votre ouvrage Le minaret ensanglanté ?
D.B. : Mon message à moi est évidement un message de paix. J’appelle vivement à ne pas confondre les choses entre intégrisme déviant et religion de tolérance, c’est cette voix mitoyenne qui crie dans le roman son lot d’incitation à l’union des Algériens.
L.: Une impression, M. Dey Bendifallah, sur la littérature algérienne ?
D.B. : Toujours un bonheur pour moi de découvrir tous ces noms. Une chance de relever le défi, comme nous savons le faire à chaque fois. La littérature algérienne devient importante, j’aime découvrir les auteurs algériens et partager cette passion pour les lettres.
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