Introduction
Je remercie Mme Nadia Sebkhi et la revue L’ivrEscQ pour cette rencontre sur la critique littéraire et leur invitation à communiquer. Pour ma participation, j’ai choisi d’intituler mon intervention : «En lisant et en prospectant, le paradoxe de la chronique du samedi.»Vous remarquerez dans les mots qui composent cet intitulé, l’évocation de quelques idées se rapportant à l’exercice de cette activité passionnante de lire des livres et d’en rendre compte pour informer les lecteurs de leur parution, de leur contenu et peut être les inciter subtilement à les acheter ou du moins à partager certains de nos coups de cœur. Vous avez déjà là, une tentative de définition du métier de critique littéraire dans un journal. Mon intervention comportera trois parties, en premier, je parlerai du critique littéraire comme «Prospecteur au long cours», ensuite, j’évoquerai mon travail de chroniqueur dans le quotidien El watan avec ce titre «Le paradoxe de la chronique du samedi» et enfin je terminerai par une petite conclusion.
Prospecteur au long cours
Le critique littéraire comme le dit si bien Bernard Pivot dans l’un de ses livres consacré à son expérience de présentateur d’émissions littéraires à la télévision française, c’est de lire des livres ou le métier de lire. Donc, la première qualité dont doit se prévaloir un critique littéraire c’est d’être « un lecteur passionné et invétéré ». Sans cette passion pour les livres et la lecture, son travail peut s’avérer vain. J’irai un peu loin, le critique littéraire devient par la force des choses un liseur, c’est-à-dire, il perpétue ce métier du moyen âge de : « lire pour les autres ». La version moderne du liseur c’est de lire pour le compte des lecteurs d’un journal. L’autre qualité à mon sens que doit avoir un critique c’est la curiosité. Il ne faut pas se contenter de son domaine de prédilection ou d’une hyper spécialisation comme on le voit souvent partout dans le monde, plus encore privilégier ses centres d’intérêt mais être capable d’aller s’aventurer sur des territoires nouveaux que les autres critiques évitent par confort ou par méconnaissance ( un spécialiste du roman du XIXe siècle peut aussi bien s’intéresser au témoignage d’un médecin du XXe siècle). Mais cette passion pour les livres et la lecture a ses limites car le critique peut caler sur un roman ou un essai. C’est-à-dire une impossibilité de lire ou d’aller jusqu’au bout d’un ouvrage. Dans ce cas comment demander à un critique de faire une recension d’un livre qu’il n’a pas pu lire ? Á partir de là, une troisième qualité s’impose dans l’exercice du métier de critique littéraire à savoir l’honnêteté intellectuelle. On n’est plus dans la perspective de ce qu’appelle l’essayiste «Pierre Bayard» «Comment parler des livres que l‘on n’a pas lu ?». Et, pour exemple, je vous citerai mon expérience personnelle d’être incapable de lire «Proust et Céline». Si je synthétise, le propos de cette première partie, je dirai que pour être un bon critique littéraire, il faut aimer les livres, être curieux et fouineur d’où l’idée de prospection et par-dessus tout ne parler que des livres que l’on a lu, histoire de contredire Pierre Bayard.
Le paradoxe de la chronique du samedi
Pour rappel, j’interviens dans ce colloque comme universitaire et chroniqueur littéraire pour le quotidien francophone El Watan depuis maintenant 8 ans.
Suite de l’article dans la version papier
abonnez-vous à L’ivrEscQ
r
Il n'ya pas de réponses pour le moment.
Laissez un commentaire