Note bibliographique
Juan Vicente Piqueras (Valencia 1960) a publié 12 livres de poésie Tentativas de un héroe derrotado, Castillos de Aquitania, La palabra cuando (prix José Hierro de poesie 1991), La latitud de los caballos (prix Antonio Machado), La edad del agua, Adverbios de lugar, Aldea (prix Valencia de poesía, prix de la Crítica Valenciana, et prix du Festival Internacional de Medellín), Palmeras, La hora de irse (prix Jaén de poesie 2010), Braci, Yo que tú, y Atenas (prix international Fundación Loewe). Il a travaillé comme acteur, animateur de radio, su titreur de films et traducteur. Il est professeur en langue espagnole. Ayant vécu en France, en Italie, Grèce, il est actuellement, responsable académique de l´Institut Cervantès d’Alger.
La habitación vacía a Carlos Edmundo de Ory:
Era uno de tus juegos preferidos. ¿Qué hay en una habitación vacía?, preguntabas. Guardábamos silencio.
¿Qué hay en una habitación vacía?
Los que no conocían el juego tal vez decían: Nada, y tú decías: No. Nada es nada, he dicho qué.
Hasta que alguien decía, por ejemplo: Silencio. Y tú decías: Sí. Y otro decía: Polvo. Y el juego comenzaba a tomar vuelo.
Unas huellas de pasos en el suelo. Un fantasma. Un enchufe. El agujero de un clavo. La penumbra. El cuadrado que deja en la pared la ausencia de un cuadro. Un hilo. Una carta en el suelo. La huella de una mano en la pared. Un rayito de sol que entra por la ventana. Una telaraña. Un trozo de papel. Una uña. Una hormiga extraviada. La música que llega de la calle (¿hay música sin alguien que la escuche?). Una mancha de humo o de humedad. Garabatos o pájaros o nombres o un dibujo de Laura en la pared.
Tú ibas diciendo sí o no. Tú lo sabías. Eras el inventor del juego. Tú ya sabías, Carlos, lo que hay en la habitación vacía donde acabas de entrar.
Era uno de tus juegos preferidos. – ¿Qué hay en una habitación vacía? – Un fantasma. – Ya lo han dicho. – Sí, pero el que yo digo es otro.
Juan Vicente Piqueras
Traduction:
C’était l’un de tes jeux favoris. Qu’y-a-t-il dans une chambre vide? , tu demandais, et nous, nous restions silencieux.
Qu’y-a-t-il dans une chambre vide?
Ceux qui ne connaissaient pas le jeu disaient peut-être : Rien, et toi, tu disais: Non. Rien c’est rien. J’ai demandé qu´y-a-t-il?
Jusqu’au moment où quelqu’un disait, par exemple: Du silence. Et toi, tu disais: oui. Et un autre disait : De la poussière. Et c’est alors que le jeu commençait à prendre son envol.
Des traces de pas sur le sol. Un fantôme. Une prise. Le trou laissé par un clou. La pénombre. Le carré que laisse sur le mur l’absence d’un tableau. Un fil. Une lettre qui traine par terre. La trace d’une main sur le mur.
Un rayon de soleil entrant par la fenêtre. Une toile d’araignée. Un bout de papier. Un ongle. Une fourmi perdue. La musique qui vient du dehors (mais y-a-t-il une musique sans personne qui l´écoute?). Une tache de fumée ou d’humidité. Des gribouillis ou des oiseaux ou des noms ou encore un dessin de Laura sur le mur.
Toi, tu disais oui ou non. Tu savais. Tu étais l’inventeur du jeu. Tu savais déjà, Carlos, ce qu’il y a dans la chambre vide dans laquelle tu viens d’entrer.
C’était l’un de tes jeux favoris. – Qu’y-a-t-il dans une chambre vide? – Un fantôme. – On l’a déjà dit. – Oui, mais le mien est un autre.
Traduction:Myriam Niboucha
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