L’ivrEscQ : Comment était votre état d’esprit à l’époque où vous avez été envoyé en Algérie?
Kitva Vera : En 1962, on connaissait déjà l’Algérie. On savait bien que ce pays traversait une longue période de colonialisme, mais on n’avait aucune idée sur l’organisation de la santé publique. Bien entendu, cette peur de l’inconnu était là, on ne savait pas à quoi allonsnous être confrontés. Mais le sentiment que notre mission était noble nous a vraiment motivés. On était venu en amis pour prêter main forte à nos confrères. Notre objectif était bien précis. Offrir des soins à la population après la Guerre d’indépendance.
L. : A ce propos, quel est l’origine de votre admiration pour notre pays sachant que vous avez atterri à l’hôpital régional de Mostaganem «Che Guevara»?
K. V. : J’étais jeune à l’époque. Je ne suis pas venue avec des armes. Je suis venue plutôt avec mon stéthoscope pour prendre ma place dans les hôpitaux qui étaient en manque de personnel et qui disposaient de peu de médicaments. J’ai aimé Mostaganem. Dès le début, j’ai été imprégnée par la culture de cette ville littorale, de sa lumière poétique, de sa délicieuse cuisine et de l’hospitalité de la population. Tout cela m’a profondément marquée. Vous savez, quand vous êtes accueillie d’une telle manière, un sentiment d’appartenance se crée en vous.
L. : En lisant «Sous les palmiers» et «J’ai quitté mon Afrique» on ressent de la nostalgie…
K. V. : La nostalgie est un sentiment splendide. C’est un mélange d’amour et de souvenirs inoubliables. Dans les deux poèmes, j’évoque le ciel bleu, la tendresse, l’amitié, la jeunesse, et le désert algérien unique en son genre. C’est tellement beau ! Le continent africain me rappelle aussi que l’être humain a laissé des empreintes indélébiles sur ce sol orangé, plein de couleurs. C’est le bercail de l’humanité depuis l’antiquité.
L. : Très active, vous êtes auteure de 11 ouvrages dont Au pays du jasmin et Les pages d’un ambassadeur en blanc. Est-ce que la médecine a contribué à votre carrière littéraire ?
K. V. : La médecine a joué un rôle primordial dans ma vie du fait qu’elle m’a permis de toucher à la littérature. D’abord en entrant en contact avec des gens de tous les continents et de connaître surtout leurs coutumes et leurs traditions. Le médecin est comme un nomade, il soigne les gens, il leur donne un brin d’espoir et du coup il est inspiré. Ce qui lui permet de mettre aux propre ses ressentis et ses émotions. Que ce soit en Algérie ou bien dans d’autres pays du Maghreb ce périple m’a profondément touchée.
L. : Pourquoi le choix de ce titre Algérie Sublimée?
K. V. : C’est très simple. J’ai passé une bonne partie de ma jeunesse en Algérie. J’ai gardé des souvenirs inoubliables et uniques. Après 53 ans, j’ai retrouvé un pays stable, beau, resplendissant, avec une mémoire vivante et une présence extraordinaire. Une chose qui m’a permis d’opter pour ce titre que je trouve très adéquat.
L. : Vous avez reçu des distinctions dans plusieurs pays: «Le Chevalier des Palmes Académiques» France et La Médaille de Mérite Louis Pasteur France. Quelle est votre source d’inspiration ?
K. V. : Je dois ma source d’inspiration à mon métier. C’est-à-dire à mes rencontres avec les patients, et ma lutte contre les maladies et les souffrances qu’elles engendraient. C’est une profession exceptionnelle qui peut être parfois difficile. Il y a aussi la magie de la nature : La mer, les montagnes, le désert, et la verdure. Des sources inépuisables constituant mon cosmos.
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