La librairie La Renaissance existe depuis 1986, 24 ans d’existence. Elle est tenue par Mustapha Benmadjdoub. Le père de ce dernier avait une papeterie à El bordj. Pure passion qu’il vit de père en fils, précisément de génération en génération, la passion du livre et du papier se perpétue ; « J’ai demandé à mes enfants de rester dans le livre, car le livre coule dans mon sang» appuie-t-il. Néanmoins, en cette période, le libraire se décourage de son métier: « Riad El Feth à des périodes de l’année est désert, surtout à la saison hivernale, explique-t-il ; par conséquent le livre souffre dans ma librairie ». Mustapha Benmadjdoub, pendant les périodes scolaires, printemps-été, organise des foires de livres en louant un stand. A cette période, « le monument » comme on l’appelle communément rayonne d’enfants et de parents venant de toute part. Selon Mustapha Benmajdoub, les écoles privées initient nos enfants à l’amour du livre. Il dira : « chez moi dès qu’un enfant tient un livre entre les mains, et s’assoit par terre en étant absorbé par ce qu’il tient, je comprends qu’il vient d’une école privée ; quant à moi, j’arrive à contenter mon jeune lectorat par des livres jeunesse (bande dessinée, Twilight, Harry Potter…). Ces livres se sont vendus comme des petits pains, malgré leur cherté ! ».
Le libraire de la Renaissance a cette fougue-là de commercialiser le livre, toutefois, il pense que, définitivement, la machine promotionnelle du livre est en panne. «On parle de tout chez nous, on fait la promotion de tout, mais le livre n’est pas dans nos moeurs. Je me rappelle, en 2000, nous avons organisé 150 ventes-dédicaces, mais comme Riad El Feth n’est plus fréquenté, donc nous avons dû arrêter », dira-t-il d’un ton déçu. «Lorsque la poétesse Malika Tablit a signé son recueil, elle a fait une vente importante puisque nous l’avions annoncé à la radio et dans des journaux». Mustapha Benmajdoub ne s’est pas arrêté à son métier de libraire, car il lance l’édition Hicham, mais par manque de moyen, cette édition n’a pas fait long feu. En dépit de la situation financière dans ces lieux déserts, le libraire reste optimiste pour la vie du livre, il dira à ce propos : «Depuis que la ministre de la culture Khalida Toumi tient les rênes de la culture, le livre revient doucement et sûrement, avec aussi tous nos remerciements à votre magazine L’ivrEscQ d’avoir osé occuper le terrain vierge de la promotion des livres en Algérie…» ; à la question : les livres les plus vendus à La Renaissance? Mustapha Benmadjdoub répondra : « les classiques, Amin Malouf, Yasmina Khadra, Mahfoud Kaddache (en langue nationale), des récits historiques… »
Sur l’étagère….
Une femme dans les affaires
de Abderrahmane Zakad
Ce livre est dédié aux femmes qui font commerce de leur corps. C’est ce qu’annonce l’auteur. L’exemple de Malika, héroïne de ce roman, démontre que l’on peut s’en sortir autrement.
Une femme divorcée, sans formation, sans diplôme et qui se retrouve dans la rue que peut-elle bien faire pour nourrir et éduquer ses enfants ?
Djenni le sait et Malika sait également qu’une transaction par la banque est une trace qui arrangerait Djenni en cas de conflit ou de chantage. Les banques sont faites pour les affaires saines, déclarées.
Malika, une femme au foyer est répudiée par son mari qui épouse sa secrétaire. Elle se retrouve abandonnée avec trois enfants. Il lui faut les éduquer et les nourrir. Elle sort de sa cuisine et se lance dans le trabendisme.
Le trabendisme c’est de la guérilla : on réalise une vente, on s’éclipse et on se fait oublier. On ne connaît ni le nom du vendeur ni celui de l’acheteur et les visages se perdent…
L’auteur relate le parcours de Malika qui pourrait présenter des similitudes avec de nombreuses femmes algériennes confrontées au même problème.
L’écriture excelle à rendre une radioscopie des convulsions économiques de la société algérienne.
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