Né pendant la guerre de libération nationale, donc fortement imprégné d’une mission politique, le cinéma algérien a gardé cette touche qui le distingue des autres. Les productions que le public retient sont certes, celles qui l’on fait rire comme Hassane Terro et Les vacances de l’inspecteur Tahar. Ou alors, les films qui ont raconté sa révolution par bribes, à l’image de L’opium et le bâton ou Patrouille à l’est. Il a aussi flashé sur un certain scénario un peu décalé, mais qui avait eu le mérite de montrer son quotidien. Omar Guetlatou en est la meilleure illustration. Un film qui se veut culte, mais qui n’est manifestement pas le meilleur de la filmographie nationale. Bref, le cinéma algérien, ce n’est pas n’importe quoi. Il n’a pas été créé pour seulement amuser la galerie. Derrière chaque production, il y a un message, certains diraient un truc qu’il fallait, du temps des années de plomb, dénicher au détour d’une phrase ou de l’attitude des personnages principaux. Mais dire que notre cinéma et nos cinéastes ont pris un pli à l’image de ce qui se fait ailleurs serait lui faire offense. Certes, on reconnaît assez facilement un film algérien, mais pas par un quelconque stéréotype. Non ! Il y a la touche, les thèmes, la volonté de rester collé à la réalité du peuple, de toujours chercher à faire parler ses tripes
( celles du peuple ) que se partagent les cinéastes algériens. Mais il y a également une grande diversité dans l’approche des sujets. En un mot comme en mille, il n’y a pas d’influence. Pas de maître incontesté du cinéma national. Même le détenteur de la seule palme d’or, pour son film, Chronique des années de braise, n’a pas fait école auprès de ses confrères.
C’est cette extraordinaire diversité qui nous fait dire qu’il y a autant d’écoles de réalisateurs en Algérie, qui fait la force du cinéma. Si structurellement, le 7ème art en a vu des vertes et des pas mûres, fondamentalement, il est resté lui-même dans les coeurs de ceux qui le font au quotidien. Dans sa courte histoire, cet art majeur a vécu des chamboulements à n’en plus compter, durant les années 80. La très fameuse ONCIC qui a fait le bonheur de la première génération a été dissoute en 1984. Ses prérogatives ont été partagées par deux organisations distinctes dont l’Entreprise Nationale de Production Cinématographique ( ENAPROC ), chargée de la production, et l’Entreprise Nationale de Distribution et d’Exploitation Cinématographique ( ENADEC ), chargée de la distribution. Cette période qui s’est caractérisée par une production de plusieurs films avant et après la restructuration, reste l’une des plus intéressantes où l’on a vu la confirmation de pas mal de talents, à l’image de Mohamed Chouikh qui a pleinement réussi avec La Citadelle et Youcef ou la légende du septième dormant. Il n’y a pas eu que ces films-là. D’autres cinéastes ont réalisé des films, comme Riad qui voulut surfer sur le succès de Hassane Terro en réalisant Hassan Taxi, en 1981. Bendeddouch a récidivé avec Hassan niya en 1989 (…)
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