Le prix Nobel de littérature 2019 a été attribué à l’Autrichien Peter Handke pour son « œuvre influente qui a exploré avec ingéniosité linguistique la périphérie et la spécificité de l’expérience humaine », a annoncé jeudi 10 octobre 2019 l’Académie royale suédoise.
Quant à celui de 2018, qui n’avait pas été décerné l’an dernier, a pour sa part été attribué à la Polonaise Olga Tokarczuk. Elle a été récompensée pour « une imagination narrative, qui, avec une passion encyclopédique, représente le franchissement des frontières comme une forme de vie ».
Pour rappel, le prix Nobel de la littérature n’a pas été attribué en 2018 pour cause, le scandale qui a éclaté fin 2017. Jean-Claude Arnault qui siégeait à la prestigieuse Académie est accusé et plus tard condamné pour harcèlement et plusieurs viols.
Fin 2017, début 2018, c’est l’année où la toile a connu un tollé sur l’affaire Weinstein (géant d’Hollywood) par #MeToo. Cette affaire médiatisée a entraîné dans la gadoue, à juste titre, des personnalités publiques pour leurs agissements de prédateurs sur le féminin abusé, sans défense, mais surtout muselé. L’effet Weinstein a mis en lumière un sujet tabou : débat sur les violences faites aux femmes et leur occultation, interrogeant le statut des femmes dans la société.
A fortiori l’Académie du Nobel n’a pas été épargnée, sans oublier qu’en 2016, le prix Nobel attribué à Bob Dylan a suscité une stupéfaction notamment dans le monde des écrivains ; cette année l’Académie miroite la parité en littérature et décerne le prix Nobel à la polonaise Olga Tokarczuk (2018) et à l’écrivain autrichien de renom Peter Handke qu’on qualifie de‘’l’héritier de Goethe’’.
Peter Handke, 76 ans, s’attache dans ses œuvres, romans et pièces de théâtre, à dépeindre l’angoisse et l’incommunicabilité dans la société contemporaine. Sa plume avant-gardiste est influencée par Franz Kafka, Samuel Beckett et William Faulkner.
Olga Tokarczuk, âgée de 57 ans, était psychothérapeute ; plus tard en 1997, elle s’affirme dans l’écriture. En 2018, son roman de plus de mille pages «Les Livres de Jakob » retraçant l’itinéraire du « messie » Jakob Frank – chef religieux du XVIIIème ayant véritablement existé- et de sa secte dans l’Europe des Lumières a été un best-seller en Pologne. « Les Livres de Jakób » titille l’antisémitisme national, ce qui a valu à son auteur menaces et insultes dans son pays. Elle brosse le portrait d’un homme libre, prophète facétieux et kabbaliste irrespectueux, qui se convertit, selon le sens du vent, à l’islam ou au christianisme. Un nomade, un migrant qui ne prisait rien tant que d’être sans attaches, citoyen d’aucun pays, fidèle à aucune religion : ‘’Etre un étranger, c’est être libre. Avoir derrière soi un grand espace, une steppe, un désert. Posséder sa propre histoire, non destinée à tous, son propre récit écrit avec les traces laissées derrière soi.’’
Il a fallu dix ans de recherche à l’auteure pour écrire cette œuvre. Le livre se vend à 170 000 exemplaires en Pologne et reçoit le Prix Nike 2015. Il est actuellement en cours de traduction en anglais.
Olga Tokarczuk demeure l’écrivain polonais le plus traduit hors de son pays et, en Pologne, ses livres se vendent à des dizaines de milliers d’exemplaires.
Ce prix Nobel honore la littérature polonaise puisque elle sera la 6ème écrivaine à le recevoir après Henryk Sienkiewicz (1905), Władysław Reymont (1924), Isaac Bashevis Singer (1978, yiddish), Czesław Miłosz (1980) et la poétesse Wisława Szymborska (1996).
Il n'ya pas de réponses pour le moment.
Laissez un commentaire