L’ivrEscQ : Vous avez déclaré et je vous cite «J’ai tenté dans mon livre de souligner le caractère altéré du colonialisme».Comment avez-vous entamé cette démarche pertinente ?
Maurice Mauviel : C’est, en effet, l’aboutissement d’une longue aventure avec l’Algérie. Le fruit d’un travail qui a duré cinq ans. Au départ, je voulais parler de ma propre expérience car j’ai enseigné dans le Sersou steppique auprès des enfants algériens, d’ailleurs, une partie de mon livre est consacrée à cette aventure personnelle. Elle était extrêmement difficile pour des raisons que j’explique au fil des pages. En avançant dans mon travail, je me suis mis à étudier l’Algérie d’hier avec ses excès et ses violences. J’ai trouvé des documents ou ce que j’appelle des intercesseurs: des personnes qui reflètent des expériences que j’ai connues, des Français et des Italiens. Ils avaient comme dénominateur commun la langue arabe. Cela signifie que ces personnes ont une grande connaissance de l’Algérie. Ils m’ont permis ainsi de plonger dans l’histoire d’un pays qui m’était inconnu, c’est-à-dire : une autre Algérie.
L’ivrEscQ : Il y a certainement une raison particulière, un argument de taille qui vous a poussé à choisir les Hauts-plateaux comme terrain de prédilection…
Maurice Mauviel : Le professeur André Nouschi, qui est à mon sens le plus grand historien français de l’Algérie actuelle était catégorique. Il m’avait confirmé que l’Algérie des Hauts-plateaux a été négligée par les chercheurs. Donc, d’un point de vue historique. Je peux dire que j’avais un champ qui s’ouvrait assez largement. J’ai mis à la disposition des lecteurs algériens et français des documents inconnus et rares. Certes, on peut contester mes analyses mais j’ai parlé de la colonisation, notamment avec des textes, trouvés en Europe : Italie, France… Il ne faut pas oublier que j’étais dans un village qui me rappelait l’Algérie des ottomans. Cela a été très intéressant. Se trouver à 40 km des colonisateurs, m’a permis de découvrir ce village dans toute sa splendeur.
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