
Patrick Autréaux est médecin de profession, poète et critique d’art, avant de devenir écrivain à part entière lorsqu’un cancer incurable menace son existence. L’expérience de la maladie permet celle de l’écriture et
«Se survivre», selon l’éditeur,
«clôt un cycle d’écriture dont l’ambition a été de faire du moi malade un espace littéraire». Se survivre sont sept textes en prose qui racontent une expérience intime et douloureuse
, où le temps se divise en
périodes vives et
mortes. Le narrateur s’observe et se raconte, toujours avec pudeur.
Au cœur de la maladie, il reçoit un traitement de chimiothérapie
(«mot dur, basaltique comme une nécessité») et tandis que son corps se soumet à cette épreuve, presque en sursis, son esprit vagabonde et lui rappelle une promesse qu’il n’a pas encore tenue, une dette à acquitter: écrire l’histoire d’un vieux poète dissident vietnamien. Entre les souvenirs de voyages lointains, la maladie s’exprime, voyage aussi en l’homme, comme en dehors de la vie, implacable et violente. D’abord, on l’informe que le traitement va sans doute le rendre stérile et on lui propose un prélèvement de sperme, on lui parle d’enfant qu’il pourrait encore faire naître.
«Je vais donc survivre? Vivre n’est pas survivre». Puis se déclinent la fatigue, la faiblesse, l’amaigrissement, les cheveux qui tombent, la peur, le quotidien sans plaisir, l’absence de désir, tous ces symptômes décrits sans pathos, par un vocabulaire extrêmement épouillé. (…)
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