« Et le fléau devient catastrophe… » !
L’ivrEscQ : Pourquoi avoir abordé de cette manière (qualité du texte) un phénomène social aussi cruel pour l’humanité ?
Rafia Mazari : Avant toute chose, je dois vous préciser que c’est ma manière d’écrire. Je mélange, en effet, prose et poésie dans ce style qui me paraît le mieux adapté à ma façon de narrer. Ensuite, aborder un phénomène pareil exige de l’auteur cette faculté à le mettre en relief pour en situer les tenants et les aboutissants, ses véritables causes et les remèdes à lui apporter. Parler de quelque phénomène aussi grave que celui-là, c’est le faire – j’allais dire – en pleurant pour être écouté, pour probablement être vraiment cru dans ses paroles et ses écrits. Je suis très contente que L’ivrEscQ s’intéresse à Visa pour mourir. Ce roman a suscité un grand engouement, notamment à l’université où plusieurs thèses lui ont été consacrées. Universités d’Oran, Mostaganem, Tlemcen, jusqu’à Lyon ! En juin dernier, il a fait l’objet d’une présentation, version espagnole, au séminaire international d’Athènes ! Au Crasc universitaire d’Oran, il fut qualifié d’ouvrage prémonitoire où la fiction devient réalité. En effet, Saïd de 2008 se réalise en Bouazizi le Tunisien, Premier martyr du Printemps des jeunes 2011. L’un vendait du poisson et l’autre des choux, l’un s’est jeté au feu et l’autre dans l’océan et la dérive…
L. : Pourquoi avez-vous commencé votre ouvrage par ce formulaire à remplir qu’on retrouve dans tous les aéroports du monde? Est-ce cette voie légale qui demeure interdite à Whari et ses semblables ?
R.F. : J’ai voulu attaquer le mal par ses racines. Commencer par le commencement, dit-on. Situer, en fait, cette difficulté qu’éprouvent les jeunes du sud de la planète, pour leur découverte au monde extérieur. La harga ne serait-elle pas cette conséquence logique du refus de visa ? Hélas ! Ce formulaire, ce semblant de curriculum vitae donne une reconnaissance, une affirmation du moi, face au déni pour notre jeunesse perdue, sans emploi, ni argent, ni projet… dont le seul et ultime espoir demeure la grande bleue. Ils se croient apatrides, et la seule patrie qui s’offre à eux est cette vaste mer qui leur murmure en les berçant dans ses flancs envoûtants… Ils rêvent tellement de cet horizon qu’ils croient retrouver la Dignité ailleurs. Car, ils veulent simplement Exister (…)
Une Réponse pour cet article
je cherche ce livre mais n arrive pas a le trouver
si quelqu un peux m aider merci
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